Rachida Dati

Député européen pour l'Île-de-France et des français de l'étranger

Tribune

Billets d'humeur

La révolution réaliste

Un vent nouveau serait-il en train de souffler sur Bruxelles? Le vieux mythe du fédéralisme est peut-être en train de tomber. Car les conservatismes ne sont pas toujours là où on le croit. L’élite acclame les « Européens » auto-proclamés qui, pour conserver leur place, écrivent des pamphlets pour pleurer cette Europe technocratique rejetée par les peuples et source de tous les populismes.

D’autres veulent faire bouger les lignes, en agissant à contre-courant de l’élite « de Bruxelles ». Ce sont eux les modernes, les courageux, les défenseurs d’une Europe réaliste.

David Cameron est de ceux-là. Lorsqu’il propose aux Britanniques un référendum sur l’avenir du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne, il agit en responsabilité. Le refuser aux Britanniques qui le demandent serait le meilleur moyen d’accentuer le sentiment anti-européen qui monte non seulement outre-Manche mais partout en Europe.

Lorsqu’il propose de rapatrier certaines compétences dévolues à Bruxelles au niveau national, c’est ce que nous souhaitons ! Nous croyons, comme David Cameron, que l’avenir de l’Europe en dépend.

C’est dans ce même esprit que l’on doit avancer avec la dérégulation utile. David Cameron a eu l’audace d’imposer cette idée à l’agenda européen. Même le « pusillanime » Barroso a été contraint de lancer le programme REFIT, visant à simplifier et alléger le droit européen.

La France a elle aussi présenté une initiative de simplification, de sorte que cet objectif a été inscrit dans les conclusions du dernier Conseil européen.

L’enjeu est aujourd’hui de trouver le bon curseur, de faire le tri entre l’essentiel et l’accessoire. François Hollande a raison d’être prudent face à l’offensive britannique, qui sur la forme est bonne, mais dont on ne connaît pas encore les contours précis. Une initiative ultralibérale se retournerait contre les peuples que l’on dit écouter aujourd’hui.

Simplifier pour relancer la compétitivité des entreprises européennes, et notamment des PME, est un impératif. Mais cette simplification ne doit pas, par exemple, se faire au détriment de certains droits des travailleurs ou de la protection de la vie privée des citoyens.

Mais c’est un débat qui mérite d’être ouvert pour aboutir à une action forte au service de notre compétitivité et des Européens.

Je plaide pour que cette simplification soit appliquée en priorité au domaine énergétique. J’ai interpellé la Commission européenne en ce sens, alors qu’elle recevra prochainement les énergéticiens européens.

C’est une réponse à apporter à ces groupes énergétiques qui s’inquiètent, à juste titre, de l’incohérence de la politique énergétique européenne.

Le problème le plus grave est celui de la multiplicité d’objectifs contradictoires en matière d’environnement, d’énergie et de climat. Ces objectifs pris isolément sont louables. Mais conjugués, les faits ont démontré qu’ils pouvaient s’annuler l’un l’autre, sans parler des dégâts causés sur la compétitivité de nos entreprises.

C’est le cas en ce qui concerne par exemple les énergies renouvelables. Avec les subventions dont elles bénéficient, le marché est faussé et on y a recours de manière prioritaire. Le problème est que ces énergies sont par nature intermittentes et qu’elles ne sont pas à même de faire face, à elles seules, aux demandes en énergie. En Allemagne, le charbon est utilisé pour faire face à cette intermittence… au détriment de la réduction des émissions de gaz à effet de serre !

Le processus de simplification doit nous mener vers une politique énergétique européenne plus flexible dans ses objectifs et enfin cohérente.

Je compte inscrire cette ambition comme l’une des priorités de la campagne de l’UMP pour les européennes. L’UMP doit enfin cesser d’hésiter sur sa ligne européenne. Nous n’avons jamais été autant écoutés que lorsque nous savions parler et écouter le peuple, et en particulier les classes populaires. Sur l’Europe, ils nous demandent une révolution réaliste. Entendons-les !

Mécanisme de suspension : l’Europe met fin à la libéralisation des visas sans condition

En rétablissant un mécanisme plus souple de suspension de l’exemption de visas, l’Union européenne a enfin abandonné sa politique de libéralisation inconditionnelle. Ce mécanisme n’avait jamais été activé depuis 2013 en raison de la rigidité des critères et de la complexité de la procédure.
 
Désormais, la réciprocité n’est plus un vain mot mais s’ancre dans la réalité. En cas de hausse substantielle du nombre de ressortissants d’un pays concerné, du nombre de demandes d’asile infondées ou d’absence de coopération sur les réadmissions, l’UE pourra rétablir l’obligation de visas. Ces restrictions pourront aussi s'appliquer en cas de menaces pour l’ordre public ou la sécurité intérieure liées aux ressortissants des pays tiers concernés.
 
Alors que les discussions actuelles pour de nouvelles libéralisations de visas, notamment avec la Turquie, mais aussi la Géorgie, le Kosovo et l’Ukraine, soulèvent de nombreuses inquiétudes compte tenu des enjeux sécuritaires et migratoires, nous nous devions de garantir la pleine opérabilité du mécanisme.


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