Rachida Dati

Député européen pour l'Île-de-France et des français de l'étranger

Tribune

Revue de presse

Cinq ans d’effacement européen et de déséquilibres avec Berlin sont à effacer, le destin de la France est à réinventer, l’avenir de l’Europe reste à écrire. Futur Président, si tu nous entends...

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Pour Rachida Dati l'Afrique est en passe de relever le défi de la mondialisation. Le Maroc, acteur majeur sur le continent, pourrait être le moteur de la croissance africaine dans les décennies à venir.

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Suivant de près la situation au Moyen-Orient et ayant été invitée en tant que parlementaire européen à de nombreuses reprises dans la région, je reviens dans cette interview sur le rôle clef que doivent jouer les États du Golfe et notamment l'Arabie Saoudite dans la résolution des crises en Syrie, en Irak et au Yémen. J'apporte également mon point de vue sur le rôle joué par la Russie dans la région.

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Version française de l'interview
Comment la victoire de François Fillon va influencer les élections présidentielles ? 
En politique, rien n'est jamais joué d'avance. Nous sommes à 5 mois du premier tour de l'élection présidentielle française, il reste à convaincre une majorité de Français pour réussir l'alternance en 2017. Pour cela, François Fillon devra d'abord rassembler notre famille politique. De notre unité dépendra notre capacité à convaincre les Français et à conduire le changement sur un chemin exigeant qui supposera des sacrifices et de faire des choix vitaux pour désendetter notre pays, assurer sa sécurité sans pour autant oublier les couches populaires aujourd'hui tentées par le populisme. 

La participation au second tour est encore plus élevée. Comment est-ce que vous jugez cette nouvelle ? 
Les Français ne renoncent pas à la politique dès lors que le débat est de qualité et les choix clairs. Cette primaire est une réussite parce que cela a été un vrai débat avec des projets travaillés de part et d'autre. Les électeurs de la droite et du centre ont compris qu'on était grâce à la primaire plus attentifs à leurs aspirations qu'on ne le faisait dans les jeux d'appareil. C'est un succès de la démocratie.

Pourquoi les Français ont-ils élu François Fillon ?
Pour ma part, je ne crois pas aux sondages, je crois au terrain et finalement à l'élection. Les citoyens ne veulent plus se laisser dicter leurs choix, ils veulent seuls être maîtres de leur destin et ne veulent pas de la pression des élites. C’est la leçon de ce premier tour des primaires de la droite et du centre.

François Fillon a t’il été aidé par le parti ou par l’opinion publique ?
Nous nous sommes focalisés sur Alain Juppé et Nicolas Sarkozy en oubliant parfois François Fillon. 
Le résultat du premier tour de cette primaire peut s'expliquer par deux raisons : d’abord il y a une mobilisation souvent injuste des médias contre Nicolas Sarkozy, qui avait pourtant un programme de droite ambitieux qui s'adressait aux classes populaires et ouvrières. Mais les couches populaires sont très peu venues voter, alors qu’elles étaient pour Nicolas Sarkozy, sans doute aussi parce que cette élection était payante. 

Au final, nombreux sont ceux qui sont venus voter contre Nicolas Sarkozy, alors qu’ils n'étaient même pas concernés par cette élection primaire, en particulier venant de la gauche. Ensuite, François Fillon avait un programme plus cohérent que celui d’Alain Juppé, qui a eu une campagne plus en direction du centre et de la gauche qu'en direction de nos sympathisants les plus engagés à droite.

De l’élection de Donald Trump jusqu’à celle des primaires, on parle toujours du rôle de la Russie. On dit aussi de François Fillon qu’il a toujours cultivé des relations avec Vladimir Poutine, est-ce vrai ?
Je ne sais pas. Demandez-lui ? La France et l'Europe doivent renouer avec la Russie, si on veut régler le conflit syrien, véritable terreau du terrorisme, et qui entraîne la tragédie migratoire que nous connaissons en Europe.

J’insiste : cela compte-t-il aujourd'hui pour faire de la politique ? De Donald Trump à Marine Le Pen et même Salvini en Italie : ils s'affichent tous comme des amis de Poutine.
Le sujet n'est pas d'être "amis", la diplomatie ce n'est pas une question d'amitié. Nous sommes amis avec la Chine qui pose pourtant d'autres problèmes ne serait-ce que la question du Tibet. L'objectif vital aujourd'hui est que toutes les grandes puissances du monde se mettent autour de la même table pour agir efficacement contre le terrorisme et la tragédie migratoire.
Quant aux Russes, il ne faut pas les laisser tout faire. Si on veut faire cesser le drame d’Alep, il faut dialoguer avec la Russie pour se mettre d'accord sur la manière d'envisager l'après-guerre civile en Syrie.

Entre Alain Juppé et François Fillon, qui serait le meilleur Président ?
Celui qui sera choisi par les électeurs de la droite et du centre. Celui qui deviendra Président de la république française ne devra pas être déconnecté des citoyens et du monde d'aujourd'hui. La France de 2017 ne sera pas celle de 2012, elle ne sera déjà même plus celle de 2016 !

Qui a plus de chances de battre Marine Le Pen?
Celui qui entendra la souffrance des français, qui proposera des solutions concrètes et efficaces contre le chômage, contre le terrorisme, contre les inégalités à l'école, pour la protection de l'environnement. Celui qui tiendra ses promesses en particulier vis à vis des classes populaires totalement déclassées, et des classes moyennes en décrochage total.

Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il va quitter la politique. Vous lui faites confiance ?
Le terme confiance n'a pas de sens, c'est un choix personnel d'un homme qui aura marqué l'histoire de son pays et du monde quoiqu'on en pense. Nicolas Sarkozy a prononcé un discours très digne et très fort, un discours d'Homme d'état qui tire avec élégance sa révérence.
Son échec à la primaire marque peut être la fin de son engagement partisan mais je crois que notre pays aura encore besoin de sa vision politique pour la France qu'il aime et qu'il a servi avec passion. Comme il l’a si bien dit dans son discours dimanche dernier, la France et les Français ne le quitteront jamais, il sera toujours au service de son pays, mais d’une manière différente. 

Et vous ? Quels sont vos projets pour l'avenir ?
Je continue mon engagement au service de mes concitoyens à la fois comme député européen et comme maire du 7e arrondissement de Paris. Au parlement européen, je demeure pour ma famille politique en charge des questions de sécurité et de lutte contre le terrorisme. J'ai fait voter au Parlement européen des mesures concrètes contre le djihadisme et le terrorisme, qui sont peu à peu mises en œuvre dans les États membres. Et je suis attentif à ce que ces mesures s'appliquent le plus vite possible. Je travaille aussi à proposer des mesures pour l'amélioration des conditions de détention en Europe, pour un meilleur accès à l'aide juridictionnelle pour tous les citoyens européens, ainsi que pour l’établissement d’une liste commune pour l’UE de pays d’origine sûrs. Construire l'Europe c'est faire en sorte que la crise migratoire soit prise en charge de manière commune et non chacun pour soi ce qui est la porte ouverte à tous les égoïsmes. 
En tant que Maire, je suis engagée auprès des parisiens, sur toutes les problématiques qui concernent les grandes métropoles, comme la mobilité, la sécurité, l'attractivité. Vous savez, le 7ème est l’arrondissement où se trouve la Tour Eiffel, le monument le plus connu au monde !
Et concernant la future élection présidentielle, je participerai à la victoire de la droite en 2017, dans l'intérêt de la France, mais aussi dans celui de l'Europe. J'espère donc pouvoir défendre et soutenir un projet ambitieux pour la France et les français.

L'effet “éternel retour” semble avoir eu des effets sur Alain Juppé, alors qu’il était le favori. Que s'est-il passé ?
En politique, il n'y a pas de retour quand on n'est jamais sorti ! Alain Juppé est élu depuis très longtemps. Des circonstances politiques ont pu, un certain temps, l'éloigner des échéances politiques mais il n'a jamais quitté à proprement parler la politique. 
Les sondages donnaient Alain Juppé gagnant mais manifestement les peuples aiment prendre en défaut les sondeurs. Je vous renvoie à tous ceux qui affirmaient que le Brexit n'aurait pas lieu, que Hillary Clinton serait élue, voire même à ceux qui concernaient l'élection de la Maire de Rome ! Nous allons voir ce que donne votre prochain référendum.

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Interview de Rachida Dati

Rachida Dati : D'abord venir dans le Gard est un réel plaisir ! J'adore rencontrer les Français là où ils vivent, là où ils peuvent exprimer leurs attentes voire leurs inquiétudes. Le plaisir est doublé par le fait de venir chez mes deux amis : Jean-Paul Fournier, sénateur-maire de Nîmes et Franck Proust, son premier adjoint, qui est également député européen. […]

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Suivant de près les problèmes liés au terrorisme, je me suis rendue en Arabie Saoudite du 1 au 3 octobre et j'ai été reçue personnellement par le roi d'Arabie saoudite Salmane Ben Abdelaziz al-Saoud ainsi que par le vice-prince héritier Mohammed Ben Salmane. Les conflits au Moyen-Orient, le rôle du royaume dans la région et le financement de l'islam en Europe ont été évoqués, ainsi que le développement du programme « Vision 2030 » de modernisation de l'Arabie saoudite. À cette occasion, j'ai d'ailleurs pu visiter le centre de déradicalisation de Riyad, où j'y ai rencontré des détenus yéménites transférés de Guantanamo.

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Le Royaume-Uni est un acteur incontournable dans la lutte contre le terrorisme, ils sont très en avance dans leurs programmes pour lutter contre la radicalisation. Nous aurions tort de nous priver de l'expertise britannique, qui a un rôle déterminant dans l'échange d'informations, et reste un des plus gros contributeurs d'Europol (agence européenne de police). Si nous voulons avancer vers une Europe de la sécurité, cela ne sera pas sans l'expertise et la coopération du Royaume-Uni.

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Tribune sur le débat sur la laïcité, le port du burkini ainsi que la représentation du culte musulman en France.

Traduction française

Quand on parle de la laïcité « à la française », de quoi parle-t-on exactement ?

La France est un pays de tolérance et de liberté. Avec la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, elle en a fait des valeurs universelles. La laïcité est la mise en œuvre de ces valeurs. Elle protège par le droit la liberté de pratiquer une religion. Elle n’est pas faite pour exclure ou combattre les religions, contrairement à ce que de nombreux responsables politiques semblent croire. Aristide Briand, rapporteur de la loi de 1905 indiquait très clairement que la loi  avait pour objet de donner une grande liberté pour les cultes en les libérant de la tutelle de l’État, mais aussi en libérant l’État de la tutelle de l’Église.

Les extrêmes utilisent aujourd’hui la laïcité pour convaincre les Français que l'islam est incompatible avec la République. Il y a un pas de deux entre ceux qui veulent remettre en cause l’égalité entre les femmes et les hommes, la mixité, et les responsables politiques qui se laissent instrumentaliser par les provocations. Ils sont entrainés vers une laïcité qui exclurait la religion de l’espace public. En agissant ainsi, ils détournent l’esprit et la lettre de la loi tout en suscitant des surenchères identitaires.

À travers ces débats, c'est notre cohésion nationale qui est en jeu dans une situation d’extrême tension, liée aux attentats.

Le débat sur la laïcité en France est biaisé par certaines pratiques qui se revendiquent de l’islam et cela fait le jeu des extrémistes de toutes natures.

Il y a des interdictions qui sont fondées, comme par exemple l’interdiction de la burka qui cache le visage au mépris des règles élémentaires de civilité. Mais  certains utilisent désormais l’islam comme moyen de revendication communautaire et identitaire ou de provocation contre notre République. La réponse ne peut être que politique car ces comportements radicaux s'islamisent sans pour autant qu'on puisse  dire qu'en France  l'islam  se radicalise. C’est la contestation radicale de nos valeurs qui prend l’habit de l’islam, il ne faut donc pas confondre les fidèles musulmans avec ces radicaux nihilistes, sans foi, ni loi. 

Rappelons-le, ce que l’on voit avec le burkini ne correspond à aucune tradition coranique car la pensée théologique musulmane est bien au-dessus de ces détails contingents. Le burkini heurte la sensibilité collective des français en voulant imposer dans nos paysages publics des pratiques archaïques et régressives. S'il n'est pas certain qu'il faille généraliser des arrêtés municipaux, il n'en reste pas moins que ces provocations sont inacceptables. La provocation nourrit la provocation. La tension nourrit la tension jusqu’à a l'explosion. Cependant, le droit ne peut pas tout résoudre, on ne peut pas continuellement interdire, et la contrainte juridique ne peut pas remplacer le travail de conviction. Ce travail doit venir des responsables  politiques, qui ne doivent pas se décharger par facilité ou par lâcheté sur les autorités judiciaires et policières.

C’est face à des dirigeants de gauche qui ne savent pas trancher, souvenons-nous de Lionel Jospin alors Ministre de l’Éducation nationale qui n’a pas osé se prononce pas sur le foulard « islamique » à l'école, que les dérives communautaires connaissent leurs plus fortes poussées.

Cette idée peut être compliquée à entendre en Angleterre, où vous avez l'expérience d'une liberté de parole, de provocation, qui à la fin a fini par dévoyer votre  démocratie, et précipiter des jeunes vers une radicalité suicidaire.

Il faut donc ne pas sous-estimer la nécessité du combat politique contre de telles pratiques. Mais si les responsables politiques se doivent de répondre aux angoisses des français, c'est leur rôle, tout en ne se laissant pas entraîner à la surenchère par des provocations ou par des prédicateurs islamistes, une part importante de la tache revient aux musulmans eux-mêmes.


Si l'urgence est de relancer l'économie, redonner de l'emploi, construire les parcours scolaires et professionnels des jeunes en difficulté car les inégalités sont aussi une des racines de la radicalisation, (mais pas une excuse !) il manque cependant une parole musulmane suffisamment forte pour faire entendre clairement : ceci n’est pas l’islam. Il faut donc que les musulmans travaillent à une meilleure représentation de ce qu'ils sont pour protéger nos jeunes et rassurer l'ensemble de la société française. J’affirme que des personnalités qui n'ont ni grandit en France, ni connu le parcours des enfants d’immigrés, français de naissance et appartenant pleinement à la communauté nationale, n'ont rien à faire à la tête d'instances censées représenter les citoyens français musulmans.

Il faut également mettre un terme à l’ingérence des pays étrangers notamment du golfe sur la pratique de l'islam en France. Sur ce point, je continuerai de militer pour lutter contre les financements étrangers de mosquées en France. N'acceptons plus l'importation des idéologies et des pratiques d'autres pays, qui sont en contradiction avec nos lois et nos principes, et qui sont destructrices de notre société.

[La consultation de l'article original sur le site du Financial Times, nécessite d'être abonné.]

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ARCHIVES

Les tribunes de Rachida Dati

Parues dans la presse entre juillet 2014 et décembre 2015.

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